Belle-Ile-en-Trail 2016: Bretagne… Terre de trail !

Une semaine a passé depuis que j’ai pris part à l’Ultra des Vagues à Belle-Île-en-Mer. Je suis installé devant mon bureau et je ne sais pas très bien comment commencer. Alors je vais y aller comme ça me vient.

Cela faisait presque six mois, suite à mon repêchage, que je préparais ce rendez-vous. J’en avais fait mon objectif de l’année. Ce trail me tenait sûrement autant à cœur car il ne se courait que tous les 2 ans, ou peut-être est-ce à cause de la sélection aléatoire que j’avais réussis à passer ou encore parce que ce dernier se passait en Bretagne, non loin de la résidence de mes grands-parents. Je ne sais pas…

Avant course…

14391005_10210673080483128_4879247817518946805_nC’est ainsi que vendredi 16 septembre, 4 heures du matin, accompagné de ma compagne (et bébé qu’elle porte 🙂 ) ainsi que mes parents, j’ai entrepris le voyage vers Quiberon. Vous devez sûrement vous demander pourquoi je vous parle déjà du voyage vers Belle-Île. Et bien car  Belle-Île-en-Trail ça commence déjà sur la presqu’île de Quiberon. Les quais d’embarquement du ferry sont pris d’assaut par les coureurs et leurs familles. Et déjà sur le quai et le bateau, on peut ressentir l’excitation des coureurs.

Nous arrivons à Le Palais, principale ville de l’île, et nous avons à peine le temps de déposer les bagages à l’hôtel qu’il faut déjà se rendre à la remise des dossards. La ville de 2600 habitants, en temps normal, pullule des 2000 coureurs et familles accompagnants. Nous arrivons vers 18h à la salle Alertty, je checke mon numéro de dossard et m’en vais le chercher. A la table de la bénévole qui me tend l’enveloppe, une feuille orange me saute aux yeux. Sur celle-ci, je lis que Stéphane Brogniart donne en ce moment une mini convention. Ni une, ni deux, je prends mes jambes à mon coup et je file au lieu dit avec mes proches !

2016-09-16-19-02-02-1Ouf! Stéphane n’a pas encore commencé ! Il attend les retardataires. Mais je ne vais pas m’attarder sur cette convention car un article suivra sous peu sur le sujet. Retenez juste que j’ai été heureux comme un gosse de croiser Stéphane Brogniart : un homme hyper ouvert et d’une zenitude à en déconcerter certain. Il m’a conforté dans mon état d’esprit et dans la façon de pratiquer ce sport.

La course…

6h du matin samedi 17 septembre, nous revoilà réunis à la Salle Arletty pour le briefing. Ce dernier est très court, radin d’explications sur le parcours et prend très vite un ton triste et touchant lorsque l’orateur fond en larmes en nous expliquant qu’un des organisateurs était décédé la semaine précédente.

Mais nous séchons nos larmes. 7h du matin, que la fête commence ! Les 527 guerriers s’élancent de la Place de la République vers les remparts Est de la ville. Le départ est magique, bercé par le « Heart of courage » de Two Steps From Hell et les feus de Bengale que brandissent les bénévoles. Les cris d’encouragement des habitants au balcon de leurs bâtiments et des proches amassés sur le bord du parcours, nous donne du courage.

2016-09-17-07-18-30Très vite nous rejoignons le sentier côtier bercé par le crépuscule. Les centaines de lueurs des frontales s’étirent tel un serpent sur le single track longeant la côte. Malgré le nombre de coureurs, l’impossibilité de se dépasser la plupart du temps et les quelques « Up and Down »; les moments où nous sommes obligés de marcher ne sont pas nombreux. Je dois même avouer que, connaissant le reste du parcours, le début est assez roulant. Le jour se lève tandis que nous nous dirigeons vers la pointe de Kerdonis et son phare (extrême Est de l’île). Locmaria et le premier ravitaillement se profilent à l’horizon.

14330108_10210652938779598_1757253300587710900_nJ’arrive donc à ce premier ravitaillement après 17 km et je me sens bien. Super bien !  Je n’ai d’ailleurs jamais été aussi bien. Aucune douleur, bien dans mes jambes, dans mon matos et dans ma tête! Ce premier ravito je n’en vois même pas la couleur. Premièrement parce que je ne m’y suis pas attardé et deuxièmement parce que mes proches m’attendaient avec ce que j’avais préparé la veille. 30 secondes d’arrêt au pit-stop et c’est reparti !

Je ne le savais pas encore mais la suite du parcours, le plat consistant, s’annonçait corsé! Après l’entrée en matière assez roulante nous voici dans le vif du sujet. Nous jouions sur les falaises bordant l’océan Atlantique formant une suite sans fin de « Up and down ». C’est à ce moment là que les septiques du trail en Bretagne changèrent d’avis. Le parcours nous livrait, entre Locmaria et Bangor, son panel de beauté, de technicité et de difficultés. Un cocktail cassant pour les guibolles!

14370375_10210673089803361_3910658225572365789_nL’itinéraire quitta un temps le bord de mer pour faire un petit détour à l’intérieur des terres, nous permettant de faire un petit saut à Bangor, ville du centre de l’île, pour le deuxième ravitaillement. Mes proches avaient l’air rassurés de me voir arriver et si frais après 38km. Et je compris pourquoi quand je sus que Stephane Brogniart m’avait précédé 45-50 min auparavant dans un sale état. Ce dernier serait tombé durant la course et se serait blessé. Même sa femme était tracassée de ne pas le voir arriver dans les délais calculés. Cela vous démontre la difficulté des falaises bretonnes ! Mon deuxième arrêt fut plus long que le premier. J’ai préféré prendre mon temps. Et je pus voir que les ravitaillements étaient abondants à foison et assez complets. Bon ! Nous ne sommes pas là pour acheter un bout de terrain c’est reparti !

 

2016-09-17-12-52-09C’est surtout reparti vers la côte et son profil cassant. Un peu moins qu’entre Locmaria et Bangor car quelques plaines s’étaient intercalées permettant à nos genoux et nos cuisses de souffler un peu, mais cassant quand même ! Petit arrêt à Anterre et ses maisons colorées, après 55km, pour un arrêt ravitaillement exclusivement en eau. Du moins pour les autres participants car à nouveau mes proches m’y attendaient au cas où je manquerais de quelque chose. A celui-ci, j’apprends que le parcours breton a encore fait des victimes et que les abandons se multiplient. Mais je suis toujours dans une forme olympique ! Après un petit plongeon dans les bacs d’eau pour me rafraîchir, nous repartons pour nous diriger vers la pointe du Poulain (extrême Ouest de l’île).

14433122_10210765541073708_587724150365438841_nParlons-en de cette pointe des Poulains ! Le paysage breton y prend tout son sens. Son phare surplombe de magnifiques récifs et braves les vents tel un roc imperturbable. L’endroit est tellement magnifique que la célèbre écrivain Sarah Bernard avait décidé d’y construire sa résidence. Mais revenons-en au trail. A ce moment précis nous ne sommes plus qu’à 6 km du dernier ravitaillement.

2016-09-17-16-16-31Sauzon sera notre dernier moment de répit. La magnifique petite ville portuaire accueille le dernier ravitaillement. Un dernier arrêt où les coureurs prennent leur temps. Et je sais pourquoi… Durant les 20 kilomètres précédents Sauzon, j’ai entendu à de multiples reprises que les 13 derniers kilomètres seraient les plus hard du parcours. Alors je prends mon temps. Je m’hydrate et me nourris en conséquence et puis je repars.

14316778_1241747235876725_2422442241234762563_nLes 7 prochains kilomètres seront les plus pénibles. Mes jambes ne suivent plus, mes genoux me font souffrir le martyre et mon mental me fait défaut. Ça monte… Ça descend… Nous n’avons aucun répit ! Et puis m….. ! Je n’ai pas couru 78km pour baisser les bras maintenant. Je reprends courage, trouve mon deuxième souffle et sprint les 5 derniers kilomètres. Durant ces 5 dernières bornes, j’ai bien dû dépasser 25 coureurs. Cela fait du bien au moral ! Mon arrivée au Palais, après un passage dans les contreforts de la citadelle,  est magique. Un passage de la ligne d’arrivée, main dans la main avec ma petite femme et entouré de mes parents. 10h55 aura passé depuis notre départ ce matin. Je l’ai fait !

Remerciements…

2016-09-20-13-48-26Oui, car je voudrais remercier de tout mon cœur ma compagne et mes parents de m’avoir accompagné et supporté durant cette aventure. Ils m’ont été d’un réconfort sans égale. J’ai tiré ma force de leur soutient durant toute la course.

Merci aux organisateurs grâce à qui j’ai pu découvrir la beauté de cette île. Merci aux bénévoles qui ont fait de ce rendez-vous un évènement chaleureux et magnifiques.

Je repars de cette île le coeur rempli de bonheur et fière d’avoir couru mon premier ultra.

Matériel utilisé :

  • Casquette : « Les Casquetteurs » Ultra T
  • Lunettes : Superdry
  • T-Shirt : Asics Fudji Trail Graphic
  • Longue manche :  Kalenji Eliorain Gris Noir
  • Slip : Boxer Running Ediken Kalenji
  • Short : Craft Short Perfomance Hybrid Run
  • Chaussettes : Falke RU4 Cushion
  • Chaussures : Brooks Cascadia 11
  • Sac hydratation : Oxistis Hydrabag 10L Bottle +  2 Softflask Salomon
  • Montre : Garmin 920XT
  • Frontale : Petzl Myo

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